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Séville au format PDF

Séville, capitale de l'Andalousie, quatrième ville d'Espagne, présente toutes les caractéristiques d'une grande ville exubérante qui cache ses trésors au visiteur trop pressé. Il faut se perdre dans le barrio de Santa Cruz, l’ancienne Juderia, ancien quartier juif traversé par ses nombreuse ruelles étroites avec ses grilles et ses fenêtres ouvragées, ses placettes ombragées qui se font l’écho le soir du brouhaha des terrasses de café et des restaurants où l’on déguste le délicieux gazpacho andalou.


Fenêtres typiques du barrio de Santa Cruz.


Mais prenons notre temps pour aller à la découverte d'un magnifique patrimoine artistique unique au monde où s'entrechoquent les civilisations à travers les siècles : les romains des empereurs Trajan et Hadrien, les wisigoths, les califes de Cordoue du 7ème au 11ème siècle, puis les Almohades avec le célèbre roi Al-Mansour (1184-1199) à qui on doit la fameuse Giralda, puis les rois catholiques et Ferdinand III de Castille...

Séville s'étend sur la rive gauche du Guadalquivir. Il faut la visiter pendant la semaine sainte ou la féria.


Vue à partir de la Cour des Orangers sur la Giralda et la cathédrale.

    

La cour des orangers (el patio des naranjos) et la puerta del Perdón vues du haut de la Giralda.


Voici la cathédrale, construite à partir de 1420 en style gothique, puis renaissance et mudéjar sur l'emplacement de la grande mosquée du XIIème Almohade dont subsistent l'impressionnante Giralda et la cour des Orangers.

Cette merveille de Séville, haute de 98 mètres, était le minaret de la Grande Mosquée. On y installa l'énorme statue de Bartolomé Morel en 1564 qui tourne sur elle-même au moindre vent, d'où son nom de Giralda (girouette) donné au minaret.

La puerta de la concepción
 de la cathédrale


La Giralda, construite au 12ème siècle par les Almohades. L’étage supérieur et la lanterne de style renaissance au sommet ont été ajoutés au 16ème siècle.


El patio de los Naranjos (la cour des Orangers), au charme envoûtant, faisait également partie de la Grande Mosquée. Au centre, la fontaine est pourvue d'une vasque provenant de l'ancienne cathédrale wisigothique. On voit aussi la puerta del Perdón, percée dans la muraille d'époque Almohade. Cette porte fut construite par Lopez en 1522 en style mudéjar, art des musulmans restés sous le joug des chrétiens après la reconquête.


Une des coupoles de la cathédrale.


Les toits de la cathédrale vue de la Giralda.




"Bâtissons une église si grande que ceux qui la verront nous prendrons pour des fous" décidèrent en 1401 les Chrétiens quand il fallut abattre la mosquée. De fait, par la taille, elle est la troisième d'Europe. L'intérieur est grandiose avec ses voûtes flamboyantes en style gothique isabélin culminant à 56 m au dessus du pavage. Et le sanctuaire plateresque renaissance est d'une richesse inouïe.


A la croisée du transept, les magnifiques voûtes flamboyantes s’élèvent à 56m au dessus du pavage vues au niveau du coro.



Juste à côté de la cathédrale se trouve le Real Alcázar. L'Alcázar de Séville est un palais de style mudéjar construit par le roi chrétien Pierre le Cruel au XIVème siècle.

L'Alcazar est un palais fortifié en ville à la différence de l'alcazaba qui est une forteresse bâtie sur une butte et faisant partie intégrante des murailles de la ville.


Le palais de Pierre 1er  le Cruel construit en 1362 reprend de nombreux éléments architecturaux et décoratifs de celui de l’Alhambra de Grenade, édifié à la même époque avec de nombreuses salles de style mudéjar.


 



Façade sur la cour du patio principal (patio de las Doncellas : patio des Demoiselles), décoré avec différentes moulures de stuc.



Les jardins de l’Alcázar offrent la quintessence de l’art arabe des jardins dont les Andalous étaient maîtres, ensemble harmonieux d’où est bannie toute grandiloquence. On admirera le bassin de Mercure et la galerie des Grotesques du 17ème qui offre une belle vue d’ensemble sur les terrasses et la végétation luxuriante. La végétation n’est pas seulement un ornement car les salles qui bordent le jardin bénéficient en été de la fraîcheur engendrée.


 


Le bassin de Mercure qui donne sur la Galerie des Grosteques (17ème siècle)



La statue de Mercure qui donne son nom au bassin.


La féria est vraiment l'événement fort de la ville. Séville se réunit tout d'abord dans le parc Maria Luisa, dessiné par l'architecte français Forestier au XIXème siècle. Cet agréable parc, paré de fontaines et jets d’eau, de statues, de bancs, grouille d'une foule surexcitée. Et juste sur la plaza de España, avec son immense bâtiment en hémicycle construit à l'occasion de l’exposition ibéro-américaine de 1929, devant les azulejos, les gens babillent avant de rejoindre le quartier des Remedios.


Les jeunes filles en costume sévillan

Sur la plaza de España.




Les belles sévillanes.


 La vaste plaza de España envahie par la foule en costume

La plaza de España et les édifices construits pour l’exposition ibéro-américaine de 1929


La féria se déroule environ deux semaines après la semaine sainte. Le long du Guadalquivir, sur un vaste emplacement du quartier des Remedios, s'élève une ville de toiles et de bois avec ses ruelles parcourues par les fières jeunes filles sévillanes en robe de flamenca. Les casetas (loges en bois) portant des numéros, sont louées par des familles, des clubs, des groupes d'amis qui, pendant huit jours feront la fête, en s'invitant les uns les autres pour boire, manger, danser. Quelle ambiance !! Cependant, hormis certains établissements commerciaux, les casetas sont des lieux privés. On y entre que si l'on est invité. Mais qu'importe, le spectacle est dans la rue avec les magnifiques cavaliers portant en croupe les belles sévillanes.


Les jolies sévillanes




la féria ne serait pas la féria sans les chevaux.


La casa de Pilatos est un palais du 15ème siècle qui fut achevé en 1540 par Don Fadrique de Ribera, le premier marquis de Tarifa. La maison de Pilate fut appelée ainsi parce que le marquis, après un voyage en Judée chercha à reproduire le palais de Ponce Pilate à Jérusalem. C'est donc un somptueux palais qui combine de façon remarquable des styles aussi variés que le mudéjar, le gothique flamboyant et la renaissance sur un plan qui évoque les grandes villas romaines.
Le patio principal aux colonnes de marbre supportant des arcatures de plâtre sculpté de style mudéjar est rehaussé par les statues disposées aux quatre coins, athéna grecque, minerve romaine..

Les stucs finement ciselés devant l’Athéna grecque


Athéna grecque

      

Le patio principal de la Casa de Pilatos                La Minerve romaine



La richesse de l'ornementation mudéjar provient aussi des azulejos à "cuerda seca" mudéjars, gothiques et aussi renaissance aux reflets métalliques. Les azulejos sont des carreaux de faïence émaillée, employés en revêtement. Les murs sont décorés de statues réalisées au 16ème siècle représentant des bustes d’empereurs romains.


Les magnifiques revêtements d’azulejos aux reflets métalliques.


Une statue du 16ème siècle d’un buste d’empereur romain.

De la galerie supérieure, on a une vue exceptionnelle sur le patio principal et sur la Minerve romaine provenant d'Italie.


A 9 km de Séville, dans un site de collines plantées de cyprès, une importante ville romaine fut fondée en 206 avant JC par Scipion l'Africain pour ses vétérans de la guerre d'Espagne contre Carthage. Italica fut le berceau des deux plus grands empereurs romains : Trajan et Hadrien. C'était une ville prospère qui vivait du commerce des vins et de l'huile. Elle fut détruite par les Vandales et les Suèves au 5ème siècle, puis par les Maures au 7ème siècle.


Une statue romaine qui accueille le visiteur à l’entrée d’Italica.


Italica fut dotée d'imposants monuments publics, dont l'amphithéâtre assez bien conservé. Il reste en fait l'imposante carcasse, avec ses voûtes et son arène, construite au début du 2ème siècle après JC sous Trajan ou Hadrien. Cet amphithéâtre, de plan elliptique (156,50m selon le grand axe et 134 m selon le plus petit) pouvait accueillir de 25000 à 30000 spectateurs qui assistaient aux jeux de cirque.


L’amphithéâtre, l’un des plus grands de l’Empire romain


Vue des gradins


Le long des rues qui parcourent la colline, on trouvera des mosaïques bien conservées datant de l’époque romaine.


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© photos et textes :

Jean-Marc Stéphan 2006